Salut à tous! Dans le cadre du défi que je me suis lancée, je viens vous parler aujourd'hui d'un nouveau livre (avec du retard, cette semaine a été éprouvante!); Il s'agit du classique de Frantz Fanon "Peau noire, masques blancs."

IMG_20170919_103012_402

Pour commencer, ce livre est très vieux, puisque la première édition date de 1952. Pourtant, le sujet traité est toujours d'actualité. De quoi s'agit-il exactement? Ce livre a pour souhait de libérer l'homme et notamment l'homme noir. Le but n'étant pas de dire que le Noir est meilleur qu'un autre, mais de sortir de cette confrontation, de ce malaise qui pousse le Blanc à haïr le Noir (ou l'aimer excessivement) et le Noir qui cherche à se blanchir (culturellement, intellectuellement). Il y a également un narcissisme partagé, chacun, le Blanc et le Noir, voulant montrer à l'autre sa supériorité, son importance. Il est donc question de comprendre ce mécanisme pour s'en libérer. Pour ce faire, Fanon va évoquer différents thèmes au fil des chapitres : le Noir et le langage ou comment le Noir modifie sa façon de parler face à un blanc, la femme de couleur et le Blanc, l'homme de couleur et la Blanche, le complexe de dépendance du colonisé, l'expérience vécue d'un Noir (Fanon parle ici de sa propre expérience), le Nègre et la psychopathologie et enfin le Nègre et la reconnaissance. Le noir dont Frantz Fanon parle est le Noir antillais. Il ne s'intéresse pas au Noir africain, car il considère que la spécificité est tout autre. Et surtout de par son expérienc de Martiniquais, il se sent plus à même de parler des antillais. Il précise également qu'il s'agit de certins Noirs et certains Blancs, mais pas de tous évidemment et heureusement.

Mon avis

Ce livre est très intéressant car il soulève des questions sur le rapport très particulier entre le Noir antillais et le Blanc colonisateur. Il permet de voir les traces laissées pour les deux parties. La complexité d'être noir et européen. De plus, il y a parfois, lorsque l'on est antillais, des anecdotes qu'il met en avant qui font sens encore aujourd'hui. Cependant, j'ai eu du mal à lire ce livre. Peut-être que ce n'était pas le bon moment pour moi de lire un livre de ce genre. Il n'empêche, la façon d'écrire de Frantz Fanon est parfois un peu lourde. Je m'explique : pour faire passer ses idées, Fanon cite des auteurs avec lesquels il est en désaccord ou en accord total. Cependnat, je trouve qu'il y a beaucoup trop de citations, dans certains passages du livre. On a l'impression de lire une analyse de texte, comme on en faisait au lycée. Ajouté à cela, des notes de bas de pages qui prennent parfois toute la page....Il y a également des moments où je ne comprenais pas où il voulait en venir : il passe d'un style d'écriture simple, à un style technique et psychanalytique (ce qui ne me gêne en rien, étant une ancienne étudiante de psychologie clinique), puis il se met à citer encore et encore des poèmes (exemple chapitre 5). Tout ça rend la lecture quelque peu indigeste, pour moi.

Mais c'est tout de même un livre que je recommande fortement. Je trouve qu'il fait partie des classiques à lire, surtout si l'on s'intéresse à la culture noire.

Extrait

Voici un extrait qui parle d'un sujet toujours d'actualité : le fameux "roulement" des antillais qui sont partis vivre en Métropole (p16)

"Dans un groupe de jeunes Antillais, celui qui s'exprimme bien, qui possède la maîtrise de la langue est excessivement craint; il faut faire attention à lui, c'est un quasi-Blanc. En France, on dit : parler comme un livre. En Martinique : parler comme un Blanc.

Le Noir entrant en France va réagir contre le mythe du Martiniquais qui-mange-les-R. Il va s'en saisir, et véritablement entrera en conflit ouvert avec lui. Il s'appliquera non seulement à rouler les R, mais à les ourler. Epiant les moindres réactions des autres, s'écoutant parler, se méfiant de la langue, organe malheureusement paresseux, il s'enfermera  dans sa chambre et lira pendant des heures- s'acharnant à se faire diction.

Dernièremenet, un camarade nous racontait cette histoire. Un Martiniquais arrivant au Havre entre dans un café. Avec une parfaite assurance, il lance : "Garrrçon! un vè de biè". Nous assistons là à une véritable intoxication. Soucieux de ne pas répondre au nègre-mangeant-les-R, il en avait fait une bonne provision, mais il n'a pas su répartir son effort. "

Voilà, j'espère que ce retour vous aura plu. N'hésitez pas à commenter et partager vos retours si vous avez lu le livre. Sinon, vous trouverez un lien juste en dessous pour vous le procurer.

PEACE !

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer